Chaque année, des dizaines de milliers de travailleurs étrangers choisissent le Canada pour y bâtir leur carrière et, souvent, leur vie. En 2026, le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) demeure l’une des voies les plus accessibles pour obtenir un permis de travail canadien, à condition de bien comprendre ses mécanismes, ses exigences et ses subtilités. Que vous soyez cuisinier, ingénieur, préposé aux bénéficiaires ou technicien spécialisé, ce guide vous accompagne pas à pas dans votre démarche.
Qu’est-ce que le Programme des travailleurs étrangers temporaires ?
Le PTET est un programme fédéral administré conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et Emploi et Développement social Canada (EDSC). Il permet à des employeurs canadiens de recruter des travailleurs étrangers lorsqu’ils ne trouvent pas de candidats locaux disponibles et qualifiés pour combler un poste.
Contrairement au programme de Mobilité internationale, le PTET exige dans la grande majorité des cas qu’un employeur obtienne d’abord une Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document officiel prouvant que l’embauche d’un travailleur étranger ne nuit pas aux travailleurs canadiens ou résidents permanents.
Les volets du PTET en 2026
Le programme se divise en plusieurs volets selon le niveau de compétence du poste offert :
Le volet des postes à hauts salaires
Ce volet s’adresse aux travailleurs dont le salaire offert est égal ou supérieur au salaire médian provincial. En 2026, ce seuil varie selon la province : au Québec, il se situe autour de 27 $ à 29 $ l’heure, selon les mises à jour annuelles d’EDSC. Les employeurs qui embauchent dans ce volet doivent soumettre des plans de transition pour réduire leur dépendance à la main-d’œuvre étrangère.
Le volet des postes à bas salaires
Ce volet concerne les postes dont le salaire est inférieur au salaire médian provincial. Il est soumis à des restrictions plus importantes, notamment des plafonds de 10 % ou 20 % de travailleurs étrangers par lieu de travail dans certains secteurs, ainsi que des limites géographiques dans les zones à fort taux de chômage. En 2026, EDSC applique ces restrictions avec rigueur, en particulier dans les secteurs de la restauration et du commerce de détail.
Le volet agricole
Ce volet inclut le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), qui permet à des travailleurs de pays comme le Mexique et plusieurs nations des Caraïbes de venir travailler dans les fermes canadiennes de façon saisonnière. Il comprend également un volet agricole général pour d’autres postes dans l’industrie agroalimentaire.
Le volet des aides familiaux résidants
Ce volet, bien que réduit en portée par rapport à ses versions antérieures, permet encore à certains travailleurs de prendre soin d’enfants, de personnes âgées ou de personnes handicapées au domicile de leur employeur, avec des voies vers la résidence permanente sous certaines conditions.
L’EIMT : le cœur du processus pour l’employeur
Avant que vous puissiez obtenir un permis de travail dans le cadre du PTET, votre futur employeur doit obtenir une EIMT positive. Cette démarche est entièrement à la charge de l’employeur et comprend plusieurs étapes :
- Affichage du poste : l’employeur doit avoir fait des efforts sincères pour recruter localement, en affichant le poste sur le Guichet-Emplois du gouvernement fédéral et sur d’autres plateformes reconnues pendant une période minimale (généralement 28 jours).
- Soumission de la demande d’EIMT : l’employeur soumet sa demande en ligne via le portail d’EDSC, accompagnée des documents justificatifs (annonces d’emploi, preuves de recrutement, offre d’emploi détaillée).
- Frais d’EIMT : en 2026, les frais de traitement d’une EIMT s’élèvent à 1 000 $ CAD par poste demandé. Ces frais sont à la charge de l’employeur et ne peuvent légalement pas être transférés au travailleur étranger.
- Délais de traitement : les délais varient selon le volet et la région, mais comptez généralement entre 3 et 5 mois pour un traitement standard. Certains secteurs prioritaires bénéficient de traitements accélérés.
Vos démarches une fois l’EIMT obtenue
Une fois que votre employeur vous transmet l’EIMT positive et l’offre d’emploi officielle, vous pouvez soumettre votre demande de permis de travail à IRCC. Voici les étapes clés :
Rassembler vos documents
- Passeport valide (idéalement valide encore au moins un an après la date prévue de fin de travail)
- Copie de l’EIMT positive et de l’offre d’emploi signée
- Preuves de vos qualifications (diplômes, relevés de notes, lettres d’expérience)
- Photos conformes aux normes canadiennes
- Preuve de moyens financiers suffisants pour votre installation
- Certificat médical si exigé selon votre pays d’origine ou la durée du séjour
- Certificat de police (casier judiciaire) selon les exigences de votre nationalité
Soumettre la demande en ligne
La demande se fait via le portail Mon dossier IRCC, accessible sur le site officiel canada.ca. En 2026, la quasi-totalité des demandes de permis de travail se traitent en ligne. Les frais de permis de travail s’élèvent à 155 $ CAD pour le permis lui-même, auxquels s’ajoutent 85 $ CAD pour les données biométriques si vous n’en avez pas fourni au cours des dix dernières années.
Délais de traitement du permis de travail
En 2026, les délais de traitement des permis de travail dans le cadre du PTET varient considérablement selon votre pays de résidence et la charge de travail des bureaux d’IRCC. Prévoyez en moyenne 4 à 8 semaines pour les demandes en ligne, bien que certains dossiers puissent prendre plus de temps si des vérifications supplémentaires sont requises.
Le PTET au Québec : une couche supplémentaire
Si vous venez travailler au Québec, la situation est légèrement différente. En plus de l’EIMT fédérale, votre employeur doit dans certains cas obtenir une autorisation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). De plus, si votre poste n’est pas exempté, vous pourriez devoir obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) pour travailler dans la province.
Les frais du CAQ pour un travailleur temporaire s’élèvent à 216 $ CAD en 2026. Le traitement prend généralement entre 4 et 8 semaines via le portail Mon projet Québec du MIFI. Il est conseillé de soumettre cette demande en parallèle avec la demande d’EIMT afin d’éviter des délais supplémentaires.
Le PTET comme tremplin vers la résidence permanente
Pour beaucoup de travailleurs, le PTET n’est pas une fin en soi, mais une porte d’entrée vers la résidence permanente. Une expérience de travail canadienne acquise dans le cadre du PTET peut être valorisée dans plusieurs programmes :
- Entrée Express : l’expérience de travail canadien bonifie considérablement votre score dans le Système de classement global (SCG).
- Programme des candidats des provinces (PCP) : plusieurs provinces désignent activement des travailleurs étrangers déjà présents sur leur territoire.
- Programme de l’expérience québécoise (PEQ) : au Québec, les travailleurs temporaires qualifiés peuvent accéder à la résidence permanente provinciale après une période d’expérience de travail et, selon le cas, une démonstration de connaissances en français.
En 2026, la connaissance du français constitue un atout majeur, tant au niveau fédéral (points supplémentaires en Entrée Express) qu’au Québec (condition d’admissibilité au PEQ). Si vous n’avez pas encore atteint le niveau requis, il est fortement recommandé de commencer des cours de français dès votre arrivée.
Droits et protections des travailleurs étrangers temporaires
Il est essentiel de connaître vos droits. En 2026, la législation canadienne protège les travailleurs étrangers temporaires contre les abus. Voici quelques points importants :
- Votre employeur ne peut pas vous facturer les frais d’EIMT ni vous demander de les rembourser.
- Vous avez droit à un contrat de travail écrit en français ou en anglais, selon la province.
- Vous êtes protégé par les lois provinciales du travail, y compris les normes minimales de salaire, les heures de travail et la santé et sécurité au travail.
- Vous pouvez signaler un employeur abusif à EDSC via la ligne de signalement confidentielle sans craindre des représailles immédiates sur votre statut.
Conseils pratiques pour maximiser vos chances en 2026
- Choisissez un secteur en demande : les soins de santé, la construction, l’agriculture et la transformation alimentaire figurent parmi les secteurs où les EIMT sont accordées plus facilement.
- Faites reconnaître vos diplômes avant d’arriver, surtout pour les professions réglementées comme les infirmiers, ingénieurs ou enseignants.
- Apprenez ou améliorez votre français : cela ouvre des portes au niveau fédéral et facilite grandement l’intégration au Québec.
- Consultez un conseiller en immigration autorisé (RCIC) si votre dossier est complexe ou si vous avez des antécédents judiciaires ou médicaux.
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires en 2026 reste un mécanisme structuré mais accessible pour ceux qui préparent bien leur dossier. Avec les bons outils, le bon employeur et une connaissance claire des étapes, votre projet de travailler au Canada peut devenir réalité plus rapidement que vous ne le pensez.
Vous souhaitez recevoir les dernières mises à jour sur l’immigration au Canada directement dans votre boîte courriel ? Inscrivez-vous à notre infolettre gratuite pour ne manquer aucun changement de politique, aucune nouvelle ouverture de programme et aucun conseil pratique pour réussir votre installation. Cliquez ici pour vous inscrire dès maintenant.
