Travailler au Canada sans avoir à passer par le long processus d’une Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) : c’est exactement ce que permet le programme de Mobilité internationale. En 2026, ce programme représente l’une des voies les plus accessibles et les plus rapides pour obtenir un permis de travail canadien, que vous soyez conjoint d’un résident permanent, diplômé d’une université canadienne, ou encore couvert par un accord commercial international. Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir pour en bénéficier.
Qu’est-ce que la Mobilité internationale ?
La Mobilité internationale est un ensemble de dispositions qui permettent à des employeurs canadiens d’embaucher des travailleurs étrangers sans obtenir d’EIMT, c’est-à-dire sans devoir démontrer qu’aucun Canadien ou résident permanent n’était disponible pour occuper le poste. Ces exemptions reposent sur des accords internationaux, des politiques d’intérêt public ou des situations personnelles particulières reconnues par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Concrètement, cela signifie des délais de traitement souvent plus courts, moins de formalités administratives pour l’employeur, et une plus grande flexibilité pour le travailleur étranger. En 2026, le programme de Mobilité internationale demeure l’une des portes d’entrée les plus utilisées sur le marché du travail canadien.
Les principales catégories d’exemption en 2026
Les accords commerciaux internationaux
Plusieurs accords signés par le Canada ouvrent la voie à des permis de travail sans EIMT :
- L’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique) : anciennement l’ALENA, cet accord permet aux ressortissants américains et mexicains exerçant certaines professions (ingénieurs, comptables, avocats, informaticiens, etc.) de travailler au Canada avec un permis de travail simplifié.
- L’AECG (Accord économique et commercial global Canada–Union européenne) : les ressortissants des pays membres de l’UE peuvent bénéficier de mobilité intraentreprise ou de transferts de professionnels.
- Le PTPGP (Accord de partenariat transpacifique global et progressiste) : il couvre notamment les ressortissants du Japon, de l’Australie, du Mexique, du Chili, de Singapour et d’autres pays signataires.
Les transferts intraentreprise
Si vous travaillez pour une multinationale et que votre employeur vous transfère dans une filiale, une société affiliée ou une succursale canadienne, vous pouvez être admissible à un permis de travail sans EIMT. Cette catégorie s’applique aux cadres, gestionnaires et travailleurs spécialisés possédant des connaissances propriétaires essentielles à l’entreprise. En 2026, le permis initial est généralement accordé pour un an (travailleurs spécialisés) ou trois ans (cadres et gestionnaires), avec possibilité de renouvellement.
Les permis de travail ouverts
Certaines personnes ont droit à un permis de travail ouvert, c’est-à-dire un permis qui n’est pas lié à un employeur précis. En 2026, les principales catégories concernées sont :
- Les conjoints ou partenaires de fait de résidents permanents ou de certains travailleurs temporaires qualifiés ;
- Les conjoints ou partenaires de fait d’étudiants étrangers inscrits dans un programme à temps plein dans un établissement désigné ;
- Les demandeurs d’asile dont la demande est en cours d’examen ;
- Les diplômés canadiens admissibles au Permis de travail postdiplôme (PTPD), qui est techniquement un permis ouvert sans EIMT.
Les intérêts canadiens et politiques d’intérêt public
Certaines situations sont reconnues comme étant dans l’intérêt du Canada, ce qui permet d’éviter l’EIMT. On pense notamment aux chercheurs universitaires, aux artistes et artisans participant à des événements culturels, aux journalistes accrédités de médias étrangers, ou encore aux sportifs professionnels et à leurs entraîneurs.
Comment faire une demande de permis de travail via la Mobilité internationale ?
Étape 1 : Vérifier votre admissibilité
La première étape consiste à identifier sous quelle catégorie de la Mobilité internationale vous êtes admissible. Le site officiel d’IRCC (canada.ca) propose des outils pour vous aider à déterminer votre situation. En cas de doute, consulter un consultant en immigration réglementé (RCIC) ou un avocat spécialisé est fortement recommandé.
Étape 2 : L’employeur soumet une offre d’emploi (si requis)
Même si l’EIMT n’est pas nécessaire, la plupart des catégories de la Mobilité internationale exigent que l’employeur soumette une offre d’emploi via le Portail des employeurs d’IRCC. Cette offre génère un numéro de confirmation que le travailleur devra inclure dans sa demande de permis. En 2026, les frais pour l’employeur s’élèvent à 230 $ CAD par offre d’emploi soumise (frais de conformité de l’employeur).
Étape 3 : Préparer votre demande de permis de travail
Le travailleur doit ensuite rassembler les documents suivants :
- Passeport valide (de préférence valide au-delà de la durée du permis demandé) ;
- Lettre d’offre d’emploi ou contrat de travail ;
- Numéro de confirmation de l’offre d’emploi soumise par l’employeur (si applicable) ;
- Preuves de qualifications professionnelles (diplômes, titres, expérience) ;
- Photos d’identité conformes aux exigences d’IRCC ;
- Formulaires officiels remplis (IMM 1295 pour une demande depuis l’étranger, ou formulaire en ligne).
Étape 4 : Soumettre la demande et payer les frais
En 2026, les frais gouvernementaux pour un permis de travail s’élèvent à 155 $ CAD pour la demande principale. Si vous avez besoin d’un visa de résident temporaire en plus du permis, des frais supplémentaires de 100 $ CAD s’appliquent. La demande peut être soumise en ligne via le portail sécurisé d’IRCC ou, dans certains cas, à un point d’entrée canadien.
Étape 5 : Délais de traitement
Les délais varient selon la catégorie et le pays de résidence du demandeur. En 2026, pour les demandes en ligne, les délais moyens oscillent entre 2 et 8 semaines pour la plupart des catégories de la Mobilité internationale. Certaines catégories prioritaires, comme les transferts intraentreprise de cadres, peuvent être traitées plus rapidement. Vous pouvez suivre l’état de votre demande directement dans votre compte IRCC en ligne.
Mobilité internationale et immigration permanente : un tremplin stratégique
Travailler au Canada grâce à la Mobilité internationale n’est pas seulement une solution temporaire : c’est souvent un tremplin vers la résidence permanente. En accumulant de l’expérience de travail canadienne, vous améliorez votre profil dans des programmes comme Entrée Express (notamment la catégorie Expérience canadienne) ou le Programme des candidats des provinces (PCP).
Au Québec, une expérience de travail acquise grâce à la Mobilité internationale peut également renforcer votre dossier dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ou d’une déclaration d’intérêt soumise via la plateforme Arrima du Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Pour en savoir plus sur les programmes québécois, le site du MIFI est votre référence officielle.
Points de vigilance importants en 2026
- Respectez les conditions de votre permis : un permis de travail lié à un employeur précis ne vous autorise pas à travailler pour un autre employeur, même temporairement.
- Anticipez le renouvellement : déposez votre demande de renouvellement au moins 30 jours avant l’expiration de votre permis actuel pour bénéficier du statut implicite.
- Vérifiez si vous avez besoin d’une autorisation de voyage électronique (AVE) : selon votre nationalité, une AVE (7 $ CAD) peut être requise pour entrer au Canada, même si vous avez un permis de travail.
- Attention aux arnaques : ne payez jamais des tiers non réglementés pour soumettre une offre d’emploi en votre nom. Vérifiez toujours que votre consultant est inscrit au Collège des consultants en immigration et en citoyenneté du Canada (CCIC).
Restez informé des changements en 2026
Les règles entourant la Mobilité internationale évoluent régulièrement. En 2026, le gouvernement canadien continue d’ajuster ses politiques d’immigration temporaire en réponse aux besoins du marché du travail et aux objectifs de réduction des résidents temporaires. Il est donc essentiel de vous tenir informé des dernières modifications pour ne pas manquer une opportunité ou commettre une erreur dans votre dossier.
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